Dans cet article nous allons parler de la difficile question des traitements anti varroa.

COMMENT PARTICIPER AU PLAN DE LUTTE ?

Je me dois de vous rappeler que tout les apiculteurs doivent déclarer leurs ruches auprès des organismes concernés, et ce, dès la première ruche.

Le plan varroa est porté par la section apicole de l’OVS PACA et les Groupements de Défense Sanitaire Apicoles. Pour y participer vous devez adhérer au GDSA de votre département.

Vous bénéficiez alors :

  • du Programme Sanitaire d’Elevage qui vous permet d’obtenir les traitements anti-varroa, sous la surveillance du vétérinaire du groupement

  • d’une aide du conseil départemental pour l’achat des traitements

  • de conseils sur la lutte contre varroa , de rappels aux dates de traitements

  • de formations sur l’application des traitements

  • de conseils sur la lutte contre les autres maladies de l’abeille et les intoxications d’origine environnementale.

Depuis le 26 Mai 2018, les médicaments utilisés dans la lutte contre varroa à base d’amitraze (Apivar et Apitraz) et d’acide oxalique (Apibioxal) sont exonérés de prescription vétérinaire. Nous attirons votre attention sur le fait que cette dispense d’ordonnance n’est pas synonyme d’achat en libre-service (donc ni en magasins apicoles, ni par internet par exemple). Vous pouvez donc vous procurer ces médicaments en pharmacie, directement chez un vétérinaire ou par le biais du GDSA.

Vous devez également tenir un registre d’élevage à jour, où seront inscrits, entre autre, tout ce qui concerne l’aspect sanitaire et les traitements effectués sur vos ruches.

Sachez que traiter vos ruches avec des produits qui ne disposent pas d’AMM est illégal et peut conduire à la destruction des ruches en cas de contrôle sanitaire.

Au vu de la rapidité et du mode de diffusion du varroa, il faut impérativement traiter toutes les ruches d’un rucher, voire même tenter d’être dans un environnement sur 3 km à la ronde ou une lutte contre le varroa est active.

Lors de l’utilisation de produits chimiques, il faut se munir d’équipement de protections adéquates (masque, gants, lunettes, etc.).  N’hésitez pas à vous renseigner avant l’emploi d’une de ces méthodes sur vos ruchers.

Tous les médicaments pour les abeilles, ayant une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en France sont destinés à lutter contre le varroa. Ils sont actuellement au nombre de 12.

En France aucun médicament de lutte contre une autre maladie que la varroose n’est autorisé, et donc aucuns antibiotiques.
NB : plusieurs médicaments autorisés par le passé (comme le Fumidil B pour la Nosémose ou le Périzin pour la varroose) n’ont plus d’AMM en France ce qui signifie qu’ils ne sont plus autorisés pour un usage en apiculture.

Par ailleurs lil n’est plus envisageable pour un vétérinaire de prescrire des médicaments selon le principe de la cascade (médicaments n’ayant pas d’AMM pour les abeilles mais pour une autre espèce, ou médicaments n’ayant pas d’AMM en France mais dans un autre pays de l’UE, etc.).

Le comptage des varroas

Lisez l’article dédié au comptage des varroas !

Nous côtoyons quotidiennement des apiculteurs qui affirment ne pas avoir de varroa. Il faut être clair, toutes les colonies française sont impactées, et personne n’y échappe. Ne faites pas de comptage pour savoir « si vous avez du varroa », la réponse est simple : oui il y en a. Vous pouvez pratiquer un comptage à titre d’information, comme par exemple, savoir quel traitement utiliser : faire un traitement flash ou curatif, selon la saison, l’état de la colonie, la présence de couvain ou simplement par détection visuelle de varroa.

Le comptage doit être une indication à l’instant T, il ne doit pas vous induire en erreur, car ce sont les varroas en phase phoretique que vous distinguerez, et malheureusement il est assez doué pour être sournois ! Mais une chose est sûre, le comptage varroa doit faire partie de vos habitudes apicoles.

Traitement flash ou pas?

Comme nous l’avons vu dans l’article dédié au varroa, l’idéal pour l’éradiquer est pendant l’absence de couvain. Cependant une trop grande pression peut conduire à l’effondrement de la colonie, elle peut être due à un traitement qui n’a pas bien fonctionné, à l’absence de rupture de ponte hivernale (hiver trop doux) et bien d’autres phénomènes. Il faut envisager les traitements flashs (acide formique par évaporation, ou acide oxalique par sublimation, pour ne citer qu’eux) seulement pour faire baisser la pression varroa, ou pour parfaire un traitement hivernal. Les traitements flashs sont donc souvent un choix judicieux en période de croissance ou de production des ruches. Il est à noté que dans le cas d’utilisation d’acide, il n’y a aucunes traces de son passages dans le miel ou la cire.

 Il existe 2 grandes familles de traitements, les traitements conventionnels et les traitements BIO.

Les traitements conventionnels :

retrouvez ici l’article sur les traitements avec languettes.

La lutte chimique a été la première employée contre le varroa. Elle fait appel à des molécules de synthèses, utilisables uniquement en production conventionnelle, ou des molécules naturellement présentes dans la ruche.

Bien qu’ayant connu leurs périodes de gloire, certains médicaments conventionnels sont aujourd’hui décriés : une accoutumance du varroa est de plus en plus signalé, des traces de molécules dans les cires et dans le miel est aussi souvent montré du doigt. Les traitements conventionnels en France se présente sous forme de lanière à insérer dans les ruches.

Pourtant, dans les bonnes conditions, ces traitements sont efficace et permettent de réguler le varroa avec une méthodologie facile et un seul traitement annuel.

Plusieurs explications quant à la perte d’efficacité sont avancées :

-Les changements climatiques : 

Ils proposent aux abeilles de plus en plus de grandes de journées chaudes et ensoleillées, des hivers qui n’en sont plus et d’autres curiosités météorologiques. Or si vous avez lu l’article sur le varroa, vous savez que plus on élève d’abeilles, plus on élève de…….varroas ! De ce fait les quantités de varroas sont bien plus élevés que lors des tests d’élaboration des traitements conventionnels sur languettes. Les quantités de varroa à traiter dès le début de saison étaient sans doutes moins importantes, l’efficacité de ces traitements étaient alors optimale, puisque la dose était juste.

Ces changements, accompagnés de la pression des produits phytosanitaire et depuis quelques années du frelon asiatique permettent d’expliquer en partie une efficacité moindre, puisque les ruches sont plus affaiblies.

-Accoutumances aux molécules :

Le varroa est solide et s’adapte rapidement, il semble que certaines molécules ne sont plus aussi létale dans les doses habituelles, voire carrément inefficace.

-Les mauvaises pratiques apicoles :

En effet, par exemple, bon nombre d’apiculteurs ne respectent pas les posologies ou la méthodologie. La durée d’exposition est souvent bâclée : si les languettes restent trop dans la ruches, la molécule deviendra présente dans une quantité infime ce qui habituera le varroa à y résister, tout comme la mise en place des languettes par des températures inadaptées. (Pas de chaleur excessive par exemple). Au contraire, une durée d ‘exposition trop faible n’éliminera pas assez de varroa.

Il est impératif de varier les molécules au moins tout les 2 ans, pour éviter les problèmes d’accoutumance notamment.

Les traitements à base de Fluméthrine sont dans l’ensemble moins utilisé que l’amitraze ou le Fluvalinate.

Les traitements conventionnels avec AMM en France :

Apistant (Fluvalinate)

Apitraz (Amitraze)

Apivar (Amitraze)

Bay varol (Fluméthrine)

Polyvar Yellow (Fluméthrine)

Les traitements Bio :

Depuis que le varroa est présent en France, une grande parties des apiculteurs s’est tourné vers les traitements d’origine naturelle dite « bio », tout ça bien entendu pour prendre soin de nos petites bêtes ou tout simplement par conviction.

L’explosion de la demande en produit labellisée BIO a naturellement poussé les apiculteurs professionnels et les autres à tester et utiliser des gammes de produits naturels pour traiter les ruches. Mais attention, bien que les molécules soient d’origine naturelle, elles sont loin d’être sans dangers, bien au contraire, la manipulation d’acide formique, oxalique ou même plus de thymol est particulièrement dangereuse.

Certaines molécules ou pratiques ont pu se montrer peu efficaces ou trop agressives pour les abeilles, mais l’acide oxalique et le formique n’ont jamais cessé d’être utilisé, au point de devenir l’un des composants de base de médicaments sous AMM utilisable en agriculture biologique.

Depuis 4 ou 5 ans les traitements curatifs à base de thymol sont moins utilisés, tout comme l’acide formique, l’effet sur les abeilles est trop néfaste. Cependant les traitements flashs avec ses molécules sont très performants.

Les traitement bio avec AMM en France :

Api Bioxal ® (acide oxalique) 

Apiguard ® (thymol),

Apilife Var ® (thymol, huile essentielle d’eucalyptus, camphre, menthol)

Maqs ® (acide formique)

Oxybee (acide oxalique)

Thymovar ® (thymol)

VarroMed ® (acides oxalique et formique)